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Nous sommes devenus les esclaves de nos projections, les autres devenant le carburant réflexif à cette condition d’esclave, facebook est une sorte de tautologie de masse, une utopie réalisée en quelques mois qui marque le dernier pas d’un effondrement des valeurs et de l’histoire au profit d’une schizophrénie de groupe aliéné par ses propres valeurs individuelles renvoyées face à face sans possibilité extensive de s’en sortir : les réseaux sociaux sont les ghettos contemporains de notre propre misère affective et de notre incapacité à naviguer en géographie du réel.

la particularité de Facebook et des réseaux sociaux sont leur capacité à fédérer de façon exponentielle plusieurs millions de personnes autour d’un outil simple d’utilisation lié à une notion complètement transcendantale à toute notre société : les amis.

Un ami, c’est, dans une certaine mesure, l’autre acceptable, celui qui reçoit et qui renvoie d’une façon ou d’une autre quelque chose qui nous ressemble ou qui ressemble à ceux qui nous ressemblent, une sorte de plus petit dénominateur commun de l’altérité qui, sous Facebook prend tout son sens puisque sous cette notion d’ami se retrouve ses connaissances de travail, sa généalogie, ses vrais amis, ceux qui nous connaissent au hasard d’une fête ou d’un événement et avec qui on a éventuellement échangé une parole, puis ceux jamais rencontré mais qui, d’amis communs en amis communs, correspondent à l’un ou l’autre des critères liés à son profil.

Initier un compte sur facebook, c’est décrire de façon précise ce que nous sommes : son sexe, sa religion, sa tendance politique…puis c’est, au fils des échanges, entrer dans une interface qui remplace rapidement le lecteur d’email, la zone de chat, le calendrier des événements qui jalonnent sa vie sociale, le lieu ou se posent nos vidéos, nos goûts musicaux…donc dans une certaine mesure, facebook devient le web, ou du moins l’outil central à partir duquel nous déclinons le web.

Puis, de par sa particularité à ajouter des applications qui vont édulcorer les échanges, facebook nous entraînent petit à petit dans un univers assez mental, celui où nous ne sommes « plus jamais seul » et ou la forte impression d’une unité de temps et d’espace où nous pouvons intervenir de façon permanente réuni les conditions idéales d’une forme de dépendance quasi schizophrénique.

Tous ces éléments nous poussent à nous livrer de façon perméable, augmenté par le fait que chacun invite l’autre à faire partie de son “soi” relativement facilement.

Cette perméabilité entraîne un oubli, entraîne des fuites, entraîne une chaîne causale d’effondrement de l’identité et à un certain niveau d’utilisation, développe une perte de la réalité et perturbe notre capacité à protéger nos données privées.


Car Facebook signe la fin du fantasme en tant que fantasme et referme cette possibilité de dire “non” ou “pas jusque là”, c’est à dire cette possibilité de marquer les limites de territoires corporels et conceptuels : alors que devenons nous ?

Sur ce principe du “ plus jamais seul”, facebook nous invite à nous dénuder complètement ! car quoi de plus beau que sa nudité face à la nudité de l’autre, tout les passages sont possibles, toutes les intentions sont sur la même valeur territoriale : l’amitié n’est pas loin de l’amour, amour de l’autre, amour de soi dans l’autre.

Mais cet amour a un prix, celui de la nudité publique, de la nudité offerte à une entreprise privée pleine de bonnes intentions, certes, mais qui n’a d’analyse que celle de la performance monétaire.

Cette performance n’a pas non plus de réelle valeur sauf celle de sacrifier la nudité à des programmes “chirurgicaux “ qui dépècent les mots : des machines sémantiques reliés à des priorités de vente et d’achat : une somme de mots intégrée à des équations qui génèrent des images et des slogans individualisé.

Alors d’un coté la machine analytique et de l’autre la machine fantasmatique, et le web sémantique d’un antique google qui laisse un nouveau paysage : un web objet, composé de grappes d’humains nus codifiés dans une génétique réductrice, qui invente un nouveau fascisme formé à l’algorithme et la programmation et qui s’affranchit du temps et de l’espace.

Equation génocidaire (moteur de recherche facebook 2009)

Aucune donnée ne sera utilisé à des fins génocidaires


Entretien avec le responsable des listes / extraits – oct. 2009 –

« Nous traitons des millions d’usagers, nos élevages sont heureux, nous sommes fiers de pouvoir nourrir les uns avec les autres, ici se trouve l’ultime enclos qui n’a plus de limites. Nous progressons de façon exponentielle, virale, mentale, nous avons réussi à retourner les valeurs de libertés individuelles et d’identité en un esprit nouveau qui déplace la question au groupe, ces groupes que chacun peut créer pour fédérer à sa mesure et son envie identitaire : l’identité, cette identité est nouvelle, révolutionnaire, elle laisse dernière elle les partis politiques, les syndicats, les associations, les voisins, elle achève la famille, l’histoire, l’école, le travail, l’entreprise, le rhésus sanguin, le cinéma, la culture : elle forme une hypo culture de masse ou chacun s’identifie en piochant dans les groupes de même valeur sémantique depuis “ceux qui aiment le nutella” jusqu’à “ceux qui sont contre notre président”… »



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