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artiste

Mon travail s’établi autour de la notion de point de vue, de décentrement, de l’idée d’une multiplicité d’interpréta- tion, de lectures, et de relectures.
Son vocabulaire relève d’une esthétique minimale, qui prend généralement appui sur des éléments quotidiens, des objets préfabriqués, assez peu modifiés, dans un désir de ne plus surcharger le monde de nouveaux éléments. Chaque objet est choisi pour sa capacité à avoir une charge émotionnelle à composante sociale.

La démarche est par la suite déployée au travers d’une recherche de manière d’agencer les éléments entre eux de façon à ce qu’un sens émerge.

J’aime l’idée d’utiliser des éléments qui peuvent être du registre de l’utile, et qui puissent retourner à ce registre une fois l’exposition terminée.
L’utile porduit du sens, au delà de sa fonctionalité. Il s’agit alors d’arrêter ces moments où un nouveau sens émerge d’une action fortuite et productiviste, afin d’en montrer autre chose.

Pour moi le contexte d’insertion fait voir. La manière dont on utilise chaque élément les charge de sens ou non. La valeur n’est plus dans la fétichisation de l’objet donné à voir, mais dans l’espace temps où l’objet quotidien, ba- nal, peut se charger d’une sensibilité, d’une forme de discursivitée sensible différente.
Ce que je trouve passionnant dans la pratique artistique, c’est qu’elle construit le regard, à mesure. On apprend à voir. C’est dans cette zone que je cherche à situer mon travail: une tentative de modification du regard porté, sur ce qui nous entoure.

L’idée étant d’arrêter de se concentrer sur la production d’objets, de tenter d’autres apporches, et de se concentrer plutôt sur la construction de regards, de façons de voir, dans un système ouvert.
Plutôt que d’ajouter au monde de nouveaux éléments, je cherche à démultiplier les images qu’on peut avoir en regardant telle ou telle chose commune. Créant ainsi finalement, des images que chacun puisse emporter, sans qu’elles ai besoin d’être présentes physiquement.

Le lieu de monstration est ainsi perçu comme lieu de reception de ces propositions, qui, une fois accueillies men- talement et visuellement, se transposent, d’un lieu à l’autre, se pose à nouveau sur ces objets du banal, présents dans nos environnement proches.
Il s’agit de contruire par stratification plus que par juxtaposition.

Pourtant la juxtaposition m’interesse également.
Dans l’idée d’un dépassement de l’objet matériel, je m’interesse aux rapports entre différents éléments, aux dif- férentes manières de passer d’une chose à l’autre. Intervient donc l’idée du corpus, de la collection d’éléments, destinés à être travaillés selon leurs rapports implicites et selon des modalitées expérimentales.
Ainsi la forme exposition est pour moi, une forme d’oeuvre, qui, dans l’emploi d’éléments usuels, déjà existants, qu’il s’agisse d’appropriations d’oeuvres, ou d’éléments trouvés, dépasse la présentation de ces éléments pour été- blir un travail de mise en lien, pour réunir.
L’inclusion de l’image trouvée dans mon travail est assez récente, elle vient d’une période où je n’avais pas accès à l’espace. La mise en espace étant assez fondamentale pour moi.

Elle m’a poussé à m’interesser à l’appropriationisme, et ce qui m’a le plus concernée, est que cette manière de faire, produit du collectif, et qu’ elle pousse à penser selon des modalités éthiques, mettant ainsi l’accent sur les ma- nières de faire, plus que sur les résultats. Il s’agit dans ce mode opératoire de travailler sur les contaminations.
Tel que l’explore Vincianne Despret, il s’agit de penser par le milieu, soit de construire des agencements qui «font faire», des façons d’observer et d’nterpréter, d’écrire, qui permettent de multiplier les mondes, de se laisser ins- truire par les évènements.

«La solution n’est pas dans le problème tel qu’il est ficelé. Il faut reprendre le problème, apprendre à le rejouer au- trement» rester dans des choix relatifs à l’indétermination, soit dans une configuration du ET/ET plus que du OU BIEN/OU BIEN.»
Ainsi que «dans le système des plantes, les arbres mobilisent les champignons, qui convoquent les bactéries pour leur faire faire des choses».

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