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“Nothing is more mysterious than a television set working in an empty room: it looks like another planet is talking to you. You can imagine it still functioning  after the disappearance of humanity.” Baudrillard
The tv was always on, there was one in every room
From this song you sang to me a few words almost intact have arisen
I told you about the children of war, those who have not known sandcastles
you drew the day, I drew the night and pieces of our memory
like a wave crossing the universe whose outline is difficult to grasp
It was the exodus, we walked, we walked
we were so many on the roads
we rushed into the ditches when planes arrived
along the road, the grapeshot, we hid as best as we could
after the bombings, we helped those we could help
each time I was able to get up i looked at
those who hadn’t been so lucky
fear spread but it was necessary to go on
a shell, a shard, I heard it whistle
so I took shelter against a tree trunk
I felt that it would not be enough, that this one was for me
so I put my hand in front of my face and the scar is still there
my mother shamed me
she was screaming, gesticulating in all directions
the nurses caught her instead of me
they were going so I had to tell them : Wait! it’s not her, it’s me!
Bullets were still raining
a few moments later I was next to a young soldier
and his arm fell into a bucket. A dreadful sound.
We continued on the road
When far away we saw troops, there was hope and relief
But little by little the swastika appeared on the horizon
we couldn’t believe it, it was a chock
Everyone stood still and in silence tears flowed

 

“Rien de plus mystérieux qu’un téléviseur qui marche dans une pièce vide: on dirait qu’une autre planète vous parle. On l’imagine très bien fonctionnant encore après la disparition de l’homme.” Baudrillard

La télé était toujours allumée
il y en avait une dans chaque pièce
De cette chanson que tu me chantais
quelques mots presque intacts ont surgi
je te parlais des enfants de la guerre
qui n’ont pas connu les châteaux de sable
tu as dessiné le jour, j’ai dessiné la nuit
quelques bribes de notre mémoire
de cette onde traversant l’univers
dont on peine à saisir le contour

C’est arrivé, c’était l’exode
on marchait, on marchait
nous étions nombreux sur les routes
quand les avions arrivaient
on se précipitait dans les fossés
le long de la route, c’était la mitraille
on se cachait comme on pouvait
j’avais mon chien sous le bras
les balles pleuvaient
on aidait ceux qu’on pouvait
chaque fois j’ai pu me relever
je regardais autour de moi
ceux qui n’avaient pas eu cette chance
un obus, un éclat
quand je l’ai entendu siffler
je me suis abritée contre un tronc d’arbre
j’ai senti que ça ne suffirait pas
que celui-ci serait pour moi
instinctivement, j’ai mis la main devant mon visage
il m’a touché, les balles pleuvaient encore
c’est là que ma mère m’a fichu la honte
Elle s’agitait dans tous les sens, elle criait tant
que les infirmiers l’ont attrapé à ma place
j’ai dû leur dire attendez, partez pas ! c’est pas elle, c’est moi !
On m’a installé a côté d’un jeune soldat
quelques instants après son bras tomba
dans un seau placé plus bas
Puis nous avons repris la route
nous avons vu au loin des troupes
A l’horizon, l’espoir, en nous le soulagement
Mais, peu à peu un étendard s’est levé
En silence tout le monde s’est figé
et sur nos joues les larmes coulaient

 

 

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